Blessure sportive : protocole PEACE & LOVE pour bien réagir

🕒 Temps de lecture : 5 min

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Le pied qui se pose dans un trou en courant, la cheville qui tourne, et crac ! C’est le drame.
Votre ado qui s’élance vers le but adverse dans le sprint de sa carrière pour marquer LE point de la saison, et CLAC, le voilà stoppé en pleine course par une violente douleur à l’arrière de la cuisse.

Entorse de cheville, claquage, déchirure… Peu importe le nom qu’on lui donne, une lésion aiguë est toujours brutale, douloureuse, et souvent angoissante.
Et très vite, les réflexions fusent : « Mets de la glace ! », « Prends un anti-inflammatoire », « Va vite faire une radio »…
Des conseils bien intentionnés, mais pas toujours à jour.

Vous vous êtes blessé ? Voici ce que dit la science en 2025.

Car ces dernières années, notre compréhension des blessures a évolué. Et avec elle, notre façon de les prendre en charge aussi.
Aujourd’hui, on ne parle plus de RICE ou de glaçage systématique. On parle de PEACE & LOVE. Oui, vous avez bien lu : de paix et d’amour pour votre cheville, votre mollet ou votre tendon mis à rude épreuve.

Un acronyme qui a tout pour plaire – et surtout, tout pour guérir.

Alors, concrètement, qu’est-ce qu’on fait dans les premières heures ? Et comment accompagner au mieux la guérison ensuite, sans en faire trop ni pas assez ?
Suivez le guide.


Faut-il encore glacer une entorse ?

Longtemps, la glace a été le réflexe numéro 1. C’était simple, rapide, et ça donnait l’impression d’agir tout de suite.
Mais aujourd’hui, les données scientifiques nous disent autre chose : glacer une blessure pourrait en réalité ralentir le processus de guérison.

Pourquoi ? Parce que la glace freine l’inflammation… qui est pourtant une étape normale et nécessaire à la réparation des tissus.
Ajoutez à ça des anti-inflammatoires à la pelle (ibuprofène, naproxène, etc.), et vous freinez encore un peu plus les mécanismes naturels de votre corps.

Bref, sauf en cas de douleur intense et invalidante à très court terme, on évite désormais le combo « glace + médocs » en automatique.


Et donc, on fait quoi ?

C’est là qu’intervient le nouvel acronyme bien nommé PEACE & LOVE.
Un guide simple, logique et progressif, basé sur la science… et un peu sur les Beatles aussi, qui nous vient tout droit de la très sérieuse Clinique du Coureur.


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Infographie @La Clinique du Coureur


PEACE : les bons réflexes dans les premières heures

Dès que la blessure survient, place à la paix. Pas de panique, pas d’excès, pas d’agitation : juste du bon sens et de l’écoute du corps.

LettreActionPourquoi ?
PProtectionStoppez l’activité douloureuse, sans immobilisation stricte.
EÉlévationSurélevez le membre au-dessus du cœur.
AAnti-inflammatoires à éviterLaissez le corps faire son travail, sans AINS* ni glace systématique.
CCompressionBandage ou taping pour réduire l’oedème.
EÉducationRassurer, informer, éviter les examens ou traitements non essentiels.

*AINS, ça veut dire Anti-Inflammatoire Non Stéroïdiens. En gros, c’est les médicaments anti-inflammatoire. À noter que le paracétamol ne fait pas partie de cette classe, il reste une option possible si jamais.

Ce qu’on évite dans cette phase :

  • Les radios, échos ou pire, IRM, « de sécurité » non justifiées
  • Les infiltrations précoces
  • Les traitements passifs sans objectif clair
  • La peur et la dramatisation

LOVE : accompagner la guérison sans précipitation

Après 48 à 72 heures, on entre dans la phase LOVE.
Ici, le mot d’ordre c’est : bouger progressivement, reprendre confiance, stimuler sans brutaliser.

LettreActionPourquoi ?
LLoad (charge progressive)Le tissu a besoin de stimulation contrôlée pour bien guérir.
OOptimismeL’état d’esprit influence la douleur et la reprise.
VVascularisationCardio doux (2 x 20 min/jour) pour nourrir et oxygéner les tissus.
EExercicesSouplesse, force, proprioception : retour actif et durable.

Exemple :

Vous vous êtes tordu la cheville ?
Dès le 3e jour, et si les douleurs le permettent :

  • Vélo d’appartement sans douleur
  • Mobilité de la cheville
  • Appuis légers sur coussin instable

Ensuite : reprise progressive de la course, du saut, des changements de direction. Sans forcing.


Le vrai pouvoir : être acteur de sa guérison

PEACE & LOVE, ce n’est pas qu’un acronyme.
C’est une nouvelle manière de penser la récupération :

  • Moins de réflexes automatiques
  • Plus d’écoute
  • Moins de dépendance aux traitements passifs
  • Plus d’autonomie

Et surtout : faire confiance au corps. Il sait réparer — à condition qu’on l’y aide sans interférer inutilement.


À retenir

  • Fini le glaçage systématique*
  • On évite les anti-inflammatoires dans les premières heures
  • On favorise le mouvement, la charge progressive, le cardio doux
  • On renforce le rôle actif du patient ou du sportif
  • On soigne le corps… et le mental

*Si jamais on vous a mis de la glace contre votre volonté : pas de panique ! Si le glaçage n’est plus recommandé, il n’est pas devenu un crime pour autant. On manque encore de preuves avant de pouvoir l’interdire pour toujours.


Et si ça ne passe pas ?

La majorité des blessures aiguës bénignes évoluent bien avec PEACE & LOVE.
Mais si la douleur persiste après 48 à 72 heures, ou si elle est très intense ou inquiétante dès le départ, il est essentiel de consulter votre médecin traitant ou un médecin du sport.

Un diagnostic médical reste incontournable pour:

  • Poser un diagnostic précis
  • Écarter une atteinte grave
  • Adapter le traitement
  • Éviter les erreurs de parcours

Pour aller plus loin

Retrouvez l’article original publié par La Clinique du Coureur

Dubois B, Esculier JF. Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. Br J Sports Med. 2020;54(2):72-73.

Une formation complète est également disponible en ligne sur le site de la clinique du coureur pour les professionnels de santé et les passionnés du sport.

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